HISTOIRE DU CONSEIL MUNICIPAL DES JEUNES


 

Le premier conseil connu, reconnu, date de 1979. A l’occasion de l’année internationale de l’enfance, il est né dans une ville de 30 000 habitants, à SHCILTIGHEIM, à 10 minutes de STRANSBOURG. Les élus de cette ville souhaitaient célébrer cette année, par des transformations durables, le statut de l’enfance.
Avec des mots différents, des élus, des enseignants, des directeurs de centre socioculturels, des assistantes sociales se mirent d’accord pour créer un espace d’expression des jeunes et de dialogue avec la municipalité, appelé un peu vite « conseil municipal d’enfants ».
Pour l’Adjoint au Maire chargé des affaires sociales et de la jeunesse, il s’agissait de mieux connaître les jeunes, d’écouter ce qu’ils ont à dire et de mettre en place une politique de la jeunesse qui tienne compte, entre autre, de leurs souhaits. Pour le Maire de la Commune, l’important était de faire non plus seulement pour, mais avec les jeunes.
Les directeurs d’école pensaient eux, qu’au conseil, ils pourraient écouter les jeunes différemment que dans l’école, en tirer des enseignements et que toute cette action pourrait être un bon complément de l’éducation civique. Quant aux animateurs et éducateurs, outre leur souhait de voir les enfants mieux pris en compte dans la commune, il ne détestaient pas l’idée d’un échange direct, voire d’une confrontation entre les jeunes et la Mairie.
En fait, tout le monde fut surpris par la fougue des premiers élus, des 9–13 ans, qui passèrent leur ville au peigne fin. Sans doute, si ces jeunes élus ne s’étaient pas emparés avec autant de passion de cette tribune, ce conseil n’aurait peut-être pas duré, il n’aurait peut-être pas autant séduit la presse et les élus d’autres villes qui, dès 1981, vinrent assister en nombre à ses séances.

 

Dès les années 60, quelques expériences de conseil avaient déjà eu lieu et n’avaient pas particulièrement entraîné un courant d’intérêt. A partir de SCHILTIGHEIM, les conseils se sont créés par vagues, les préoccupations des Maires rencontrant les préoccupations de l’état. Des villes nouvelles ont très vite mis en place quelques conseils d’enfants, pour continuer à construire la ville avec les enfants et leur donner des repères.

 

En 1984, le Conseil National de Prévention de la Délinquance a vu dans les conseils, la possibilité de mieux insérer les jeunes dans un tissu local, a financé une cassette sur les expériences de SCHILTIGHEIM et d’EPINAL, a incité des communes à créer des conseils d’adolescents cette fois.

 

En 1985, une circulaire du Ministère de l’Education Nationale remet au goût du jour l’éducation civique. Dans les communes, se mettent alors en place des conseils, pour compléter de façon plus pragmatique l’effort de l’école.

 

A partir des élections municipales de 1989, un grand nombre de communes mettent en place des conseils, soit à partir des objectifs déjà cités, soit à partir d’une sensibilisation aux droits de l’enfant, en se référant ouvertement à la CIDE (Consortium International de Développement en Éducation), soit dans le soucis de vivifier la démocratie locale.

 

En 1991, « l’Association Nationale des Conseil d’enfants et de Jeunes » se créée de la fusion de deux associations antérieures et concurrentes, avec dans son conseil d’administration 17 communes, 7 fédérations d’éducation populaire au rang desquelles les FRANCAS, les CEMEA (Centre d’entraînement aux méthodes de pédagogie active), les SCOUTS de France … et des personnes qualifiées. L’ANACEJ (Association Nationale des Conseils d’enfants et de Jeunes) s’attache à jouer son rôle d’associations ressource, de conseil pour les communes et leurs partenaires au service de l’amélioration de la qualité de ces expériences.

 

En 1992, le Ministère de la Jeunesse et des Sports ainsi que l’ANACEJ organisent à la VILETTE une grande fête des conseils, avec la participation de plus de 5000 jeunes.

 

En 1994, à l’automne, le Premier Ministre propose la généralisation de conseils communaux de jeunes dans les villes de plus de 3500 habitants, en réponse à la Consultation Nationale des Jeunes.

 

En 1995, on dénombre en France environ 750 conseils.

 

En 1996, ils sont au nombre de 940.

 

En 1998, on en compte près de 1100.

 

En 2003, ils sont 1600.